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Kongolero de Habana

A l’origine, les membres de Kongolero de la Havana furent co-fondateurs de S.O.S Salsa qui, quelques années plus tard se scindent en deux groupes distincts. Pour Willy Moreno son chef charismatique, l`inspiration vient de la double culture qu’ils ont reçue, à la fois congolaise et cubaine, qui traduit d`ailleurs l`essentiel des thèmes abordés dans leurs compositions. En effet, ils avaient tous quitté le Congo très jeunes, à 12 ans pour certains et même 8 pour d`autres. Ce qui peut parfois expliquer une imprégnation forte de la culture cubaine plutôt que congolaise.

C’est pourquoi d’ailleurs Alexis Murillo, cet artiste colombien avec qui ils firent un « bœuf » » dit du chef d’orchestre de Kongolero ceci : « Moreno, vous avez réussi à passer à travers les mailles du filet, pero, sigue tocando, sigue creendo ». Jouer devant le Président de la République a toujours été un vif souhait pour n’importe quel artiste au monde, mais faire l`ouverture d’un festival comme le FESPAM en sa présence aura été une grande fierté. Vous savez autant que moi la nature des relations qui lient le Congo et Cuba. Par le fait que des congolais ayant étudié à Cuba donnent une prestation à l`occasion d`une telle circonstance, cela ne peut que stigmatiser la teneur de ces relations. Nous sommes en fait le produit de ces mêmes relations.

« Nous avons voulu insuffler une bonne dose de différence dans la vision de la salsa pratiquée au Congo. Parlant de l`instrumentation par exemple, on a introduit l`usage du synthétiseur pour ajuster le format »

Le groupe veut et se distingue des autres par le spectacle en élaborant des chorégraphies bien combinées selon le modèle appelé « le Guapo », il s`agit de bien lier l`instrumental au gestuel. « Nos aînés des Bantous ont balisé le chemin, nous venons pour compléter ce qu`ils ont réalisé. Je dirais aussi que, fort du soutien autant du public que des décideurs culturels, nous serons en mesure de relever des grands défis. Ce qui manque très souvent d`ailleurs du côté de ces derniers ».

Le nouvel album est en route et pourrait être présent dans les bacs probablement avant la fin d`année 2009. Kongolero a voulu faire de cet album un produit tremplin qui permettra d`asseoir définitivement l’introduction sur la scène phonographique internationale. D`où toutes les précautions prises par le producteur à ce sujet. Le groupe travaille actuellement avec une maison de production basée à Paris et l`album attendu n’échappe pas aux raisons précitées.

Au sein de Kongolero de la Habana évoluent des compositeurs inspirés qui traduisent un réel melting pot linguistique. Ils chantent non seulement en Espagnol qui est la langue de prédilection des salseros, mais aussi en Lingala, en Sango, en Kuni, en Français, en Bambara et dans d`autres langues du pays.