Guvano Vangu un grand talent ?

Après la séparation d'avec Nico Kassanda, alias Dr Nico, Rochereau Tabu Ley, avait une impérieuse obligation de trouver un guitariste capable d’assurer le rôle de lead guitare de la trempe et à la manière Nico Kasanda, tout en intégrant dans les riffs sa propre sensibilité et conserver ainsi l'âme du groupe African-Fiesta.

Guvano Vangu

Comme d'autres jeunes de son âge, Guvano Vangu s’intéressera à la musique en assistant en tant que « nguembo » aux concerts des grands orchestres comme African-Fiesta et Ok-Jazz. Et c'est sans aucun doute, Nico qui lui aura fait aimer la guitare comme instrument de prédilection. En autodidacte passionné et motivé, il travaillera avec acharnement à imiter scrupuleusement son modèle Nico Kassanda avant de de découvrir le jeu rapide de Papa Noël Nedule. Imiter, toujours imiter à la perfection les grands guitaristes qu'il découvrira au fur et à mesure de son apprentissage qu'il finira par forger et trouver son propre style. Ce que les jeunes guitaristes d'aujourd'hui ont encore du mal à prendre en compte.

Quand on écoute les œuvres et composition de Tabu Ley dans African-Fiesta National après la dislocation du célébre orchestre African-Fiesta, Guvano Vangu a tout de suite montré ses capacités et ses talents de soliste CREATEUR. Faire du Nico sans Nico pour devenir définitivement lui-même : Guvano Vangu !

Pour cela il prend une direction qui donne des sonorités qui marqueront différemment et à tout jamais son empreinte de guitariste soliste reconnu parmi les meilleurs. Les 2 albums de musique instrumental de l'orchestre African Fiesta National sont une référence en la matière pour comprendre le style Guvano Vangu.

Malheureusement, sa carrière connaîtra un arrêt brutal qui trouvera sans doute une explication entre autre par son absence lors des grandes prestations de l'orchestre à l'Olympia : une erreur dans la gestion de carrière de l'artiste ?

Pourquoi, depuis son « divorce » d'avec Tabu Ley, Guvano n'a jamais trouvé une place, sa place aux côtés de confrères et anciens des groupes où il évolua comme le groupe « Le Festival des maquisards » et autres ?

Dans sa génération, comme souvent dans ce milieu de musiciens congolais des deux rives, la mauvaise concurrence et non l'émulation entre musiciens est un des facteurs qui a toujours desservi la musique congolaise.

Par ailleurs l'absence d’ingrédients et des conditions pour que le savoir faire soit partagé et transmis aux nouvelles générations de guitaristes (ou tout autre instrumentiste) fait que la direction que Guvano avait entrepris de défricher est à ce jour abandonnée alors qu'elle possède sans doute une source d'inspiration qui mériterait une investigation de son vivant avec son apport personnel comme Wendo l'a fait en son temps.